vendredi 17 novembre 2017

La soif



Il y a un an je découvrais, avec plaisir, Jo Nesbo, et surtout je me demandais comment j’avais pu l’ignorer aussi longtemps. Et je n’avais, à ce moment- là, pas encore fait connaissance avec Harry Hole, l’inspecteur emblématique de Jo Nesbo ; Toutes proportions gardées, Harry Hole est à a Norvège, ce que Wallander est à la Suède.

Il ne fait pas bon entre dehors à Oslo pour y prendre un verre. Il y rôde un assoiffé de sang à la mâchoire rouillée. Il laisse derrière lui un, puis plusieurs cadavres en fort mauvais état.

Harry Hole qui depuis quelques temps avait quitté les affaires pour se consacrer aux étudiants de l’école de police est contacté pour reprendre du service. L’affaire est bien compliquée ; Harry a l’expérience et les compétences,il est un bon meneur d’homme. Bref, son absence se fait cruellement sentir.

Voilà donc notre inspecteur, qui entre temps est redevenu plus sobre, se lance donc dans une enquête particulièrement difficile. Hole n’est pas qu’un flic, c’est aussi un mari, et un père ; et cela a bien sur son importance parce que souvent le privé et le professionnel se télescope.

Jo Nesbo nous embarque ainsi dans les rues froides et sombres d’Oslo semant ici ou là fausses pistes, et petits détails insignifiants  dans une chasse à l’homme pleines de surprises et de rebondissements ; le tout dans un bon gros livre qui se lit tout seul.

Jo Nesbo le musicien, n’oublie pas au passage de nous proposer au fil des pages une play- liste, qui sans être ma tasse de thé montre un auteur documenté et passionné.

En littérature policière, j’apprécie beaucoup le concept du personnage récurrent, surtout s’il est suffisamment rugueux et cabossé pour imprimer sa marque. Avec Harry Hole, j’ai été particulièrement servie, tout en regrattant ne pas l’avoir découvert plus tôt. Toutefois, il ne m’a pas semblé impératif d’avoir lu les précédents opus pour apprécier celui-ci à sa juste valeur.

Un grand merci à masse critique Babélio et aux éditions Gallimard pour l’envoi de ce livre.

La soif de Jo Nesbo, traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, chez Gallimard, collection noire (Octobre 2017, 6010 pages)


Jo Nesbø, musicien, auteur-interprète, journaliste économique, est un écrivain norvégien renommé né en 1960.

Il a d'abord été journaliste économique puis s'est dirigé vers la musique. Il est connu pour sa participation en tant qu'auteur, compositeur et interprète au groupe de pop "Di Derre," un des plus célèbres en Norvège, de 1993 à 1998.

Il est propulsé sur la scène littéraire en 1997 avec son premier titre "L'homme chauve-souris" qui reçoit en 1998 le prix du meilleur roman policier nordique.

Suivront Les cafards, et Rouge-Gorge, sacré meilleur polar norvégien de tous les temps par les lecteurs ainsi que par les auditeurs de la radio nationale.

En 2007, Jo Nesbø écrit son premier roman pour la jeunesse, "La Poudre à prout du professeur Séraphin" qui obtient un gros succès et est adapté au cinéma en 2014.

Non inclus dans la série de l'inspecteur Harry Hole, le thriller Chasseurs de têtes (Hodejegerne, 2008), est également adapté au cinéma sous le titre Headhunters (Hodejegerne) en 2011.

Son dernier roman Du sang sur la glace, II : Soleil de nuit est paru en mars 2016 aux éditions Gallimard dans la collection Série Noire.

dimanche 12 novembre 2017

De l’ardeur



De l’ardeur est un récit dot l’objet est Razan Zaitouneh, avocate syrienne, enlevée en 2013, et dont on a plus de nouvelles depuis.

De l’ardeur fait partie de ces ouvrages  "larmes à l’œil " dont il de bon ton de s’émouvoir Nous sommes à une époque où l’émotion prédomine ; c’est ainsi il faut terminer une lecture en pleurs, le ventre noué, les sanglots au bord des lèvres et la révolte en bandoulière Pour dire vrai, à l’entrée de l’hiver, alors que la lumière fait défaut, et que la déprime saisonnière pointe le bout de son nez et que novembre vous horripile, je n’ai pas envie d’une énième lecture émotion. Et puis alors qu’on entend matin, midi et soir, et ce depuis des mois, parler de la Syrie…et bien, en ce qui me concerne, j’en ai par-dessus la tête de la Syrie, comme des actualités en général.

Autrement dit, je n’étais pas dans les meilleures dispositions pour aborder ce livre ; et qu’il m’a rapidement et assez puissamment donné du fil à retordre ; Les interventions personnelles de l’auteur rendant l’ouvrage encore plus abscond pour ne pas dire indigeste.

Et pour être tout à fait honnête, je ne suis pas parvenue à m’intéresser à la jeune femme dont il était question dans le livre ; jeune femme dont je ne remets bien évidemment pas en cause les qualités et les  nobles combats.

La rencontre en l’ouvrage et sa lectrice ne s’est tout simplement pas faite. Ainsi va la vie….

Document  faisant partie de la sélection du jury de novembre pour le Grand prix des lectrices Elle 2018 .

De l’ardeur, de Justine Augier, aux éditions Actes-Sud (Septembre 2017, 320 pages) Prix Renaudot Essai 2017

Justine Augier est l’auteur de deux romans parus chez Stock (Son absence, 2008 et En règle avec la nuit, 2010). En 2013, Actes Sud publie son récit polyphonique Jérusalem, portraits. Son nouveau roman, Les idées noires est paru en avril 2015.
Après avoir passé cinq années à Jérusalem, et trois à New York, elle vit aujourd’hui à Beyrouth.

samedi 11 novembre 2017

En sacrifice à Moloch



De nos jours, au nord de la Suède, un ours que l’on traquait depuis longtemps est enfin abattu. Dans ses entrailles, des restes humains…… Peu de temps après, l’on découvre le cadavre d’une femme dont le corps est parcouru de traces de fourche. Elle élevait son petit-fils, dont on suivra au fil des jours son difficile "réveil".

Parallèlement, nous suivons le parcours d’un directeur de mine, de son employée de maison, et d’une institutrice.

Une procureure est chargée de l’enquête ; mais très vite elle entre en concurrence avec des collègues bien plus préoccupés de leur avenir que de la déontologie, ou de la courtoisie. Notre procureur décide donc de mener, non pas une enquête parallèle, mais plutôt d’approfondir une ou deux petites choses…Rebecka est le personnage que j’ai le plus apprécié de ce livre, et dont la psychologie m’a semblé la plus "travaillée". Les autres, à contrario étaient à mon sens davantage survolées, et/ou caricaturaux.

Sur le plan de l’histoire, j’avoue avoir été un peu déçue, surtout eu égard à l’accroche figurant sur le bandeau du livre faisant état de son prix du meilleur polar suédois…. Le dénouement est d’un classique déconcertant : pas de surprises, de retournement, pas de coup de théâtre ….
Mouais….. La concurrence ne devait pas être terrible alors !!!

C’est au niveau du style qu’il y aurait le plus de chose à redire…et pas forcément les plus flatteuses…. D’un niveau quelconque ( problème de traduction ?), ce polar est nettement en deçà de ce que j’ai pu lire , et surtout de ce que j’attends d'un genre que j’affectionne  tout particulièrement, et que je ne sous-estime pas. Il n’est en tout cas pas au niveau pour un prix littéraire. A noter que de s’appesantir sur les difficultés à déféquer d’un policier (p 180 pour les sceptiques) ne relève pas pour moi de la littérature dite de qualité ! Voilà, c’est dit !!

Pour conclure : ça se lit bien…mais comme disait ma grand-mère ça casse pas trois pattes à un canard, et j’ajouterais ; pas de quoi s’en relever la nuit en cas d’insomnie. Peut-être le prix du meilleur polar suédois…mais pas celui des lectrices Elle, vraiment pas !!

Policier  faisant partie de la sélection du jury de novembre pour le Grand prix des lectrices Elle 2018 .


En sacrifice à Moloch de Asa Larsson, traduit du suédois par Caroline Berg, chez Albin Michel (Septembre 2017, 450 pages)

Asa Larsson a grandi à Kiruna, 145 km au-dessus du cercle polaire Arctique, où se déroulent ses romans. Avocate comme son héroïne, elle se consacre désormais à l'écriture. Les cinq tomes de la série autour de Rebecka Martinsson sont en cours de traduction dans 30 pays.

mardi 7 novembre 2017

Le jour d’avant



La vérité, chacun la sienne….

Il n’y a pas encore si longtemps, la mine tuait encore en France. Le nord et la Lorraine ont largement porté leur part de drame. Souvent on était mineur de père en fils ; la mine payait, donnait un toit, nourrissaient et éduquait les familles, mais à quel prix !!

Il y a 43 ans, à Liévin, 42 mineurs ne remonteront jamais. « C’est comme ça la vie… » Telle est la phrase de Michel, fils d’agriculteur, et frère de Jojo que les charbonnages de France ont su convaincre de descendre au fond, et ce malgré la promesse faite au père de ne jamais  s’y résoudre. La mine sera son tombeau, et le désespoir de Michel, lui qui se rêvait en Steve McQueen.

« Venge-nous de la mine » écrira le père à Michel juste avant de mourir à son tour de chagrin.

Des années plus tard, devenu veuf, Michel attend le moment pour….C’est sans compter sur le génie de Chalandon et son retournement inattendu.
Chalandon navigue entre responsabilité collective et faute individuelle, et campe deux personnages broyés, chacun à leur manière, mais tous deux victimes innocentes d’un univers aujourd’hui révolu ; en France tout du moins.

Chalandon, rend hommage à sa manière, sans misérabilisme, à la grande famille des mineurs, à ce monde fraternel et solidaire ; à ces régions creusées par la main de l’homme, à ces oubliés, ces morts vivants que la silice rongeait à petit feu.

Ce roman, au dénouement inattendu a l’émotion lancinante et contenue ; se lit à la fois en apnée et en retenue tant Chalandon déborde de tendresse pour  ses personnages et de profond respect pour ce qu’ils ont été.

J’ai vraiment apprécié cet ouvrage. Mon seul regret, c’est son absence injuste dans le palmarès des prix majeurs de cette rentrée littéraire.

Le jour d’avant de Sorj Chalandon, chez Grasset (Août 2017, 330pages)


Sorj Chalandon est un journaliste et écrivain français.

Il a été journaliste au quotidien "Libération" de 1974 à février 2007. Membre de la presse judiciaire, grand reporter, puis rédacteur en chef adjoint de ce quotidien, il est l'auteur de reportages sur l'Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie qui lui ont valu le prix Albert-Londres en 1988.

Depuis août 2009, Sorj Chalandon est journaliste au "Canard enchaîné", ainsi que critique cinéma.

Il est devenu un auteur reconnu grâce notamment à "Une promesse" en 2006 (Prix Médicis), "Mon traître" en 2008 (Prix Joseph Kessel) et en 2011 "Retour à Killybegs" couronné par le Grand Prix du roman de l'Académie Française.

En 2013, le prix Goncourt des lycéens lui est attribué pour "Le quatrième mur".

En 2015, il publie un nouveau roman "Profession du père" où il s’inspire de sa propre enfance.

vendredi 3 novembre 2017

Le cœur battant de nos mères



Des voix plus âgées qui, semblant prendre de la hauteur sur les évènements nous livrent leurs sentiments, leurs version des faits….. Et puis une narration plus standard qui nous raconte l’histoire d’une jeune lycéenne, tout juste orpheline de mère, et qui, chose banale (désolée du terme, mais bon, ça n’est pas la première ni la dernière !), se fait " à laquelle se déroule l’histoire, mais à priori, c’est relativement moderne…. Ce qui le laisse penser, que cette jeune fille aurait sans doute pu faire preuve d’un peu moins de naïveté.

Autour de Nadia, gravite Aubrey, sa meilleure amie, et Luke, son petit copain de l’époque. Nadia, choisit (et c’est son droit le plus absolu) de mener à bien ses études, et par conséquent d’interrompre sa grossesse. Elle choisit son propre chemin, les deux autres également….

Qu’a voulu nous dire l’auteur ? Quel est le but de cette histoire ? Hélas, je n’ai aucune réponse. Ce livre, que j’ai trouvé fort mal écrit, et dont la fin part un peu dans tous les sens, ne m’a pas plu, mais surtout m’a laissé de marbre, alors que (et c’est gros comme le nez au milieu de la figure) tout est fait pour activer la fibre sensible des lectrices ; faire pleurer dans les chaumières….A mon humble avis, cette histoire comme le style de son auteur sont purement artificiels. Et de cela, je ne vaux plus !!
Selon moi, me souvenant des romans de qualité de cette rentrée que j’ai pu lire à ce jour, ce roman ne mérite pas un prix littéraire !

Roman  faisant partie de la sélection du jury de novembre pour le Grand prix des lectrices Elle 2018 .

Le cœur battant de nos mères de Brit Bennett, traduit de l’américain par Jean Esch, aux éditions Autrement (Août 2017,340 pages)

Brit Bennett, 27 ans, est diplômée de littérature à Stanford. Son premier roman, Le Coeur battant de nos mères, est devenu un best-seller acclamé par la critique. Finaliste de nombreux prix littéraires, Brit Bennett compte désormais parmi les cinq meilleurs jeunes auteurs américains du National Book Award. Le Coeur battant de nos mères sera adapté au cinéma par la Warner.