samedi 16 décembre 2017

Les passeurs de livres de Daraya



C’est la grande librairie, qui, la première, m’a donné l’occasion de lire ce livre, suite à l’excellente présentation de son auteur, et à l’enthousiasme débordant de Busnel. Mon attente était donc assez précise…

Quelques mois, et un jury de lectrices plus tard, j’ai donc le livre dans les mains ; dans un avion déjà, pour passer quelques heures, agréablement, si possible. Sans doute pas vraiment passionnée, plus certainement gavée  jusqu’à la nausée d’un conflit syrien, certes dramatique jusque dans nos vie d’européens mais auquel je comprends peu de choses et qui ne m’intéresse pas, j’ai "oublié" mon exemplaire dans le même avion (j’espère au moins qu’il a fait le bonheur de quelqu’un d’autre…) ; moyennement chagrinée, je l’avoue….
Son double m’a poursuivi, pour une lecture de jury ;j’ai repris donc le cours de ma lecture à peu près au point où je l’avais laissé.

Ce récit est court, et bien écrit. Sa lecture est agréable. Mais qu’en est-il de la bibliothèque secrète en Syrie dont il est question dans le sous-titre ? En réalité, pas grand-chose. Certes, Delphine Minoui en parle un peu. Mais, à mon sens (peut-être que j’ai mal lu, ou mal compris…) l’objet de ce livre est tout autre. Il est essentiellement question du conflit syrien vu de loin, qui est  en tout cas relaté via les réseaux sociaux, dans une correspondance entre l’auteur et des habitants de Daraya, bourgade non loin de Damas, ville martyre bombardée dans l’indifférence quasi générale.

C’est donc un sentiment de frustration que j’éprouve à l’issue de la lecture de ce livre, parce que je n’y ai pas trouvé ce que j’y cherchais .Ce que j’y ai trouvé m’avais déjà dérangée dans un autre ouvrage à propos de la guerre en Syrie…alors y revenir une seconde fois…

Un rendez-vous manqué donc !
Document faisant partie de la sélection du jury de janvier pour le Grand prix des lectrices Elle 2018.
Les passeurs de livres de Daraya, de Delphine Minoui, chez Seuil (Septembre 2017, 160 pages)


Delphine Minoui est grande reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Après Téhéran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd'hui à Istanbul, où elle continue à suivre de près l’actualité syrienne. Elle est également l'auteur des Pintades à Téhéran (Jacob-Duvernet), de Moi, Nojoud, dix ans, divorcée (Michel Lafon), de Tripoliwood (Grasset) et de Je vous écris de Téhéran (Seuil).

mardi 12 décembre 2017

Norilsk



Habituellement auteur de (très) romans policiers, Caryl Ferey  est presque arrivé par hasard vers le récit de voyage. Grand voyageur lui-même cela ne devrait pas lui poser de problème…sauf que la destination qui lui est proposée n’a rien d’exotique. Il est prévenu d’office, on lui propose 10 jours dans la ville la plus froide, la plus pourrie, la plus polluée et bien entendu la plus fermée de Russie, et d’en tirer un récit.

Et comme Ferey ne voyage pas seul, il partira avec la bête…..La bête, ah quel savoureux portrait en 10 items en tout début de livre ! Cela vaut le détour, et surtout cela donne, comment dire, quelques frayeurs quant au déroulement du voyage !

Norilsk est certes le récit d’une aventure au milieu de nulle part, mais c’est aussi le récit d’une aventure humaine inattendue et chaleureuse.

J’ai énormément apprécié le ton de ce récit. J’y retrouve la verve de l’auteur, et surtout un humour qui m’a fait rire à de nombreuses reprises. Il faut dire qu’au fil des pages, le lecteur apprend à connaître la bête, en tout cas à approfondir le descriptif quelque peu décapant du début.

Dans ces pages survoltées et fort alcoolisées, on découvre une ville fantôme, hostile à tout point vue, et dont les habitants nous deviendraient presque familiers tant ils sont attachants.

Après ses polars  minutieusement documentés directement issus de ses voyages, après un autoportrait original, Caryl Ferey nous montre ici que son talent d’écrivain est multiple.

Norilsk de Caryl Ferey, aux éditions Paulsen (Octobre 2017, 160 pages)


Caryl Férey est un écrivain et un scénariste français né en 1967.
Il a grandi en Bretagne après que sa famille se fut installée à Montfort-sur-Meu près de Rennes en 1974.
Grand voyageur, il a parcouru l'Europe à moto, puis a fait un tour du monde à 20 ans. Il a notamment travaillé pour le Guide du Routard.
En 1994, paraît chez Balle d'Argent, petite maison d'édition rennaise, son premier roman "Avec un ange sur les yeux". Il sort la même année son premier polar, "Delicta Mortalia : péché mortel", puis quatre ans plus tard le très remarqué "Haka" (1998).
Il écrit aussi pour les enfants, pour des musiciens, le théâtre et la radio. Il se consacre aujourd'hui entièrement à la littérature.
Il a obtenu le Prix SNCF du polar 2006 pour "Utu" (2004) et le Grand prix de littérature policière 2008, le Prix Mystère de la critique 2009 et le prix Jean Amila au Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale d'Arras 2009 pour "Zulu" (2008).
En 2013, "Zulu" est adapté au cinéma, réalisé par Jérôme Salle d'après le roman éponyme, avec Orlando Bloom et Forest Whitaker.
"Mapuche" (Série noire, 2012) obtient le Prix Landerneau Polar 2012 ainsi que le Prix Ténébris en 2013.
Il publie "Condor" chez Gallimard en 2016 (Série noire)

vendredi 8 décembre 2017

tango fantôme



Construit en alternant les époques, et les lieux, tango fantôme nous porte sur les pas d’une femme disparue 40 ans plus tôt, en Argentine durant la guerre sale, alors que sa fille qui n’avait de cesse d’éclaircir le mystère est retrouvée morte de nos jours après une chute de balcon. Tango fantôme, se déporte ainsi sur la seconde fille qui va à son tour partir sur les traces de ces deux femmes.

Ce roman a un énorme défaut : il est lent, très lent, trop lent ! Il est lle parfait représentant des policiers que je n’apprécie pas, et que je ne parviens pas à lire dans son intégralité.

C’est dommage, parce que l’idée de confronter deux cultures et d’intégrer une histoire dans l’Histoire contemporaine dont peu d’auteurs parlent était séduisante. Tout cela me rappelait Mapuche de Caryl Ferey que j’avais tant apprécié…

La rencontre avec ce livre et son auteur ne s’est pas faite,

Policier faisant partie de la sélection du jury de décembre pour le Grand prix des lectrices Elle 2018.

Tango fantôme de Tove Alsterdal, traduit du suédois par Emmanuel Curtil, aux éditions du Rouergue (Octobre 2017, 480 pages)

Tove Alsterdal est journaliste, dramaturge et scénariste suédoise. Son premier roman, Femmes sur la plage, a été publié par les éditions Actes Sud en 2012. Son deuxième roman, Dans le silence enterré, paraît au Rouergue en novembre 2015. En 2017 sort Tango fantôme, qui a reçu le prix du meilleur roman policier suédois en 2014.

vendredi 24 novembre 2017

Ces rêves qu’on piétine



Quelques jours après en avoir terminé la lecture, je suis incapable de dire si ce livre m’a plu ou non. En réalité, et c’est un triste constat, je n’ai pas saisi le sens de ce roman.
Pour moi, le constat est triste, car j’avais envie de le lire depuis sa parution. Je lui reconnais bien volontiers son écriture soignée et précise, et sa construction originale.
C’est pourtant cette construction qui m’a perdue à la fois dans le temps et dans les personnages. L’auteur mélange les époques, les faits. Il apparait que c’est Magda Goebbels qui est omniprésente, alors que parait-il l’auteur a voulu mettre en lumière Friedländer….tout cela m’a échappé…

 J’aurais tant voulu aimer ce livre qui, a reçu un très bon accueil du public
Roman faisant partie de la sélection du jury de décembre pour le Grand prix des lectrices Elle 2018.

Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer, aux éditions de l’observatoire (Août 2017, 310 pages)


Sébastien Spitzer est journaliste et écrivain né en 1970.

Journaliste free-lance pour TF1, M6 ou Rolling Stone, il a réalisé plusieurs enquêtes sur le Moyen-Orient, l'Afrique et les États-Unis.

Il est l'auteur de "Ennemis intimes, les Bush, le Brut et Téhéran" en 2006 aux éditions Privé.

"Ces rêves qu’on piétine" (2017), son premier roman, met en lumière les ombres de Magda Goebbels et de ceux qui tentent de survivre à l’enfer.

Même Dieu ne veut pas s’en mêler



Comme il est rappelé dans sa biographie, l’auteur de ces lignes est rwandaise, et rescapée du génocide de 1994.Réfugiée en France, elle y a étudié, et construit sa vie.
Lorsque l’on traverse une épreuve aussi terrible,  que l’on a vu les siens massacrés, écrire semble être le moyen le plus naturel pour "se laver", se dépouiller d’une partie du sentiment de culpabilité d’être encore vivant, de rendre hommages aux disparus, et tout simplement pour témoigner encore et toujours.

C’est ce à quoi s’est essayé Annick Kayiseti-Jozan dans ce court récit non linéaire  qui semble avoir été construit au fil de la remontée des souvenirs de son auteur.

Sur la forme, cela donne un ensemble assez déstructuré dans un style qui à la longue m’a semblé maladroit, et sans relief.

Sur le fond, il y a la violence, l’horreur même. Mais, parce qu’il y a un gros mais, cela m’a toujours maintenue éloignée du sujet.

La réalité, c’est qu’avant elle, il y eu Scholastique Mukasonga, plus récemment Gaël Faye, Yasmine Ghata qui à mon sens ont nettement mieux su s’exprimer à ce sujet. En outre,  Jean Hatzfeld, a effectué un remarquable travail journalistique à propos du génocide rwandais, qui à mon sens est ce qu’il y a de mieux pour appréhender tous les aspects du sujet.

Alors évidemment, l’ouvrage dont il est question ici parait bien fade à côté du reste, et surtout sans grand intérêt ; en tout cas pour moi. C’est pourquoi cet ouvrage ne fera pas date ; il n’apprend rien de plus.

Document  faisant partie de la sélection du jury de novembre pour le Grand prix des lectrices Elle 2018.

Même Dieu ne veut pas s’en mêler d’Annick Kayitesi-Joszan, chez Seuil (Septembre 2017, 230 pages)


Annick Kayitesi-Jozan est écrivain.

Elle n’a que 9 ans quand son père, médecin, et sa sœur décèdent dans un incendie. A l’âge de 14 ans elle voit sa mère se faire exécuter par des miliciens Hutus. Elle demeure seule, sa sœur et son frère ayant été emmenés pas ces mêmes miliciens. Elle devient l’esclave domestique de ces anciens voisins.

Plus tard elle retrouve sa sœur gravement blessée. Heureusement toutes les deux seront évacuées sous escorte militaire française au Burundi.

Réfugiée en France, placée en famille d'accueil, elle refuse l’orientation en CAP, passe le bac, acquiert la nationalité française en 1996, se paie des études à coups de petits boulots.

Titulaire d’un DEA de sciences politiques, Annick reprend des études en psychologie.

Elle a publié "Nous existons encore" (éd. Michel Lafon, 2004) et participé au documentaire "Tuez-les tous !" coréalisé par Raphaël Glucksmann.